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Sous le règne de
Henri I, c'est à dire au commencement du XIe siècle, apparaît la
Chevalerie, qui doit donner à la noblesse cette loyauté, cette
courtoisie, ce respect des Dames qui lui manquent encore.
Son institution eut pour cause première le DES (dés), Ordre qui régnait
alors dans le royaume. Les Grands Vassaux cherchaient à se rendre
indépendants, les petits bataillaient entre eux, les peuples étaient
opprimés et pressurés; le commerce était nul, car on ne pouvait voyager
sans être détroussé à chaque coin de bois. Puis il fallait payer des
droits exorbitants pour passer le moindre pont, traverser le moindre
bourg seigneurial; les femmes dans les villes étaient exposées aux
attentats les plus odieux et ne pouvaient sortir que voilées.
Le Clergé s'en émut, prêcha en chaire la répression de ces désordres et
une association se forma qui entreprit de combattre les abus, d'assurer
les chemins, de soutenir les faibles et de punir les coupables. Modeste
à ses débuts, cette association prit peu à peu de l'extension et devint
une institution ayant ses règles fixes, ses lois et les plus grands
Seigneurs et même les Rois voulurent bientôt en faire partie. Au XIIe
siècle, elle était parvenue à son apogée.
Alors esprit religieux, esprit amoureux et galant, empire des Dames,
esprit de vaillance et de point d'honneur, règle morale, fêtes,
tournois, étiquette, romans de chevalerie, tout cela existe, est
rassemblé, épanoui et forme un tout brillant qui mérite véritablement le
nom de Chevalerie.
La Chevalerie comporte désormais des devoirs, résumés dans les dix
commandements du parfait Chevalier.
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LES DIX
COMMANDEMENTS DU PARFAIT CHEVALIER |
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I - Tu
croiras tout ce qu'enseigne l'Eglise et observeras tous commandements, |
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II
- Tu protègeras l'Eglise, |
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III
- Tu auras le respect de toutes les faiblesses et tu t'en
constitueras le défenseutr. |
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IV
- Tu aimeras le Pays où tu es né. |
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V
- Tu ne reculeras pas devant l'ennemi. |
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VI
- Tu feras aux Infidèles une guerre sans trève et sans
merci. |
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VII
- Tu t'acquiteras exactement de tes devoirs féodaux s'ils ne
sont pas contraires à la loi de Dieu. |
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VIII - Tu
ne mentiras point et sera fidèle à la Parole donnée. |
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IX
- Tu seras libéral et fera largesse à tous. |
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X
- Tu seras partout et toujours le champion du Droit et du
Bien contre l'Injustice et le Mal. |
Ces commandements
devinrent la vie et l'éducation du jeune noble jusqu'à ce que l'accolade
lui eut permis de porter l'éperon d'or, le manteau d'hermine et le titre
de Monseigneur et de Monsieur.
A l'âge de sept ans, on le retirait des mains de femmes et de la maison
paternelle, où l'on craignait que l'indulgence des parents ne compromit
l'éducation mâle et robuste qu'il devait recevoir. On l'envoyait soit à
la cour de quelque prince, soit à un seigneur puissant, chez lequel il
remplissait les fonctions de page ou de valet.
Il ne faut pas prendre en mauvaise part ce titre de valet, fort en
honneur encore au XIIe siècle, puisqu'on trouve les trois fils de
Philippe le Bel inscrits sous ce nom sur les états de la Maison Royale.
La religion et l'amour étaient la base de la Chevalerie, l'amour
chevaleresque était le plus pur, le plus idéal qui se pût imaginer.
C'était l'Amour qui pouvait rendre meilleur, c'était l'amour platonique
par essence.
Dès qu'il avait quatorze ans, le jeune gentilhomme sortait "hors de
page"; c'était l'occasion d'une cérémonie religieuse dans laquelle le
prêtre lui ceignait l'épée; alors il était écuyer et était préparé au
métier des armes. Parvenu à l'âge de dix huit ans, il complétait son
éducation en suivant son Seigneur à la guerre, en visitant les cours des
princes et en se faisant connaître dans les tournois. Enfin lorsqu'il
avait vingt et un ans, il était apte à recevoir l'Ordre de Chevalerie
qui lui conférait soit le Roi, soit son Seigneur suzerain, soit même un
simple Chevalier. |